* * *

Contre la guerre impérialiste:

la révolution communiste mondiale

* * *

Pendant plus de 10 semaines, l'aviation des nations coalisées de l'OTAN a bombardé la Yougoslavie, chaque jour, chaque nuit. Une fois de plus, la bourgeoisie a essayé de nous vendre cette guerre (comme elle l'avait fait avec celle du Golfe et d'Irak) comme une "guerre propre", aux "frappes chirurgicales" sans faille, comme une guerre devant oeuvrer à imposer la paix dans les Balkans. Une fois de plus, les médias bourgeois nous ont justifié cette guerre au nom de l'humanitaire envers les "peuples opprimés", au nom du droit d'ingérence, alors que de plus en plus de prolétaires étaient tués lors des bombardements, victimes des soit-disants "dégâts collatéraux". Mais, nous savons très bien à quoi riment leurs guerres "propres" et "humanitaires"...

Depuis que le mode de production capitaliste existe et donc domine la planète entière, toutes les guerres sont autant bourgeoises, autant capitalistes, toutes les guerres, au-delà des idéologies pour lesquelles le capital dit les faire, sont des guerres contre le prolétariat, sont des guerres contre-révolutionnaires.

La cause des guerres bourgeoises est toujours, au-delà des rivalités inter-impérialistes, la dévalorisation, la chute du taux de profit entraînant une surproduction généralisée de marchandises et donc aussi une surpopulation. Pour la bourgeoisie, d'hier comme d'aujourd'hui, le but principal (même si selon sa conscience il s'agit surtout de détruire l'ennemi) est toujours le même: la destruction massive d'hommes que le capitalisme a transformés en marchandises aujourd'hui excédentaires. Le communisme lui seul supprimera les guerres.

La bourgeoisie doit, pour faire ses guerres, liquider le prolétariat en tant que classe c'est-à-dire en tant que force agissante, en tant que parti, pour le dissoudre dans le peuple, pour alors embrigader ces citoyens parmi d'autres citoyens derrière n'importe quel drapeau cachant la face hideuse du capitalisme, de l'antifascisme ou du fascisme, progressiste ou réactionnaire, démocrate ou totalitariste, de la conquête d'un espace vital ou de la libération nationale, de la défense de l'occident civilisé ou de l'anticolonialisme,... C'est toujours au nom de la paix, de la liberté, de la démocratie, du socialisme,... que s'amoncellent les cadavres, que civils comme militaires sont mutilés à coups de bombes à fragmentations, sont concentrés dans des camps pour crever.

L'internationalisme, réponse ouvrière aux attaques bourgeoises, signifie dès aujourd'hui rompre la paix sociale, la paix du capital, développer nos luttes là où l'on se trouve, contre ses exploiteurs directs et ce, partout dans le monde. C'est en répondant coup pour coup aux dégradations de nos conditions de vie que nous préparons notre solution à la crise bourgeoise: la révolution communiste mondiale. C'est l'unique moyen de lutter contre la solution bourgeoise qu'est la guerre généralisée.

Le déclenchement de la guerre impérialiste même généralisée ne signifie pas nécessairement l'écrasement définitif du prolétariat. En effet, historiquement, si la guerre signifie dans un premier temps un relatif écrasement, elle peut ensuite dialectiquement déterminer une reprise d'autant plus forte qu'elle a mis à nu les contradictions et la barbarie immanente au système capitaliste. Pour les ouvriers révolutionnaires, la lutte contre la guerre signifie directement le défaitisme révolutionnaire.

Le défaitisme révolutionnaire tourne le dos à tout pacifisme même déguisé et radicalisé c'est-à-dire n'allant pas jusqu'à donner des consignes concrètes et précises en vue d'encourager et d'agir violemment pour la défaite de "son" camp, de "sa" nation, de "ses" armées. Le défaitisme prolétarien signifie, outre l'évidente propagande défaitiste:

Evidemment, le défaitisme révolutionnaire ne peut se concevoir dans un seul camp. Les directives communistes de sabotage sont fonction de la nature internationale de la classe ouvrière et s'adressent donc au prolétariat du monde entier. Le défaitisme prolétarien signifie la lutte à outrance contre "sa bourgeoisie" et ce, dans tous les camps, dans tous les pays.

Le 19 mai, suite à des manifestations contre la guerre, contre les deux camps à Krusevac et Aleksandrovac (en Serbie), des mutineries ont éclaté sur le front au Kosovo dans certaines unités de réservistes de l'armée serbe, confirmant que même dans la pire des situations contre-révolutionnaires, notre classe continue à être la seule alternative vivante à l'horreur capitaliste. Depuis le début du mois de mai, de nombreuses manifestations avaient déjà eu lieu et le mouvement s'est alors étendu à d'autres villes. Les informations qui nous parviennent de cette zone en guerre sont très fragmentaires, mais nous donnent néanmoins un aperçu si pas de la force du prolétariat, du moins du caractère subversif qu'il contient et de la contradiction sociale qu'il véhicule et qui mine tous les organismes de la bourgeoisie.

Ces mouvements sont révélateurs des profondes fractures sociales qui se développent au fur et à mesure qu'une guerre se prolonge. Ici, c'est clairement l'union sacrée qui vole en éclats. Tous les "appels au calme et à la raison" sont vains. La bourgeoisie impose dès lors un silence prudent qui en dit long sur ses craintes d'attiser le brasier des luttes de classes. La bourgeoisie tente de voiler le spectre qui la hante, la terreur de voir les prolétaires reprendre leurs véritables armes, classe contre classe, pour affronter ce cauchemar.

Si le prolétariat désire se débarrasser définitivement de la boucherie qui l'extermine, la seule et unique solution est la généralisation en actes du défaitisme révolutionnaire. Le développement de la lutte a ses exigences: elle doit briser la cohésion sociale non seulement des unités de l'armée, mais aussi de l'ensemble de la société. Pour cela, il faut en finir une bonne fois pour toute avec le nationalisme en réaffirmant haut et fort que les prolétaires n'ont aucun intérêt dans cette guerre, ni dans ce monde agonisant. Nous ne revendiquons qu'une seule guerre, celle qui nous oppose à nos exploiteurs, qu'ils soient serbes, kosovars, américains, russes ou autres.

Malgré l'impitoyable critique que nous devons mener contre les faiblesses et les limites exprimées dans ces mouvements et autres mutineries qui éclateront immanquablement, les militants communistes ne peuvent que mettre en lumière de tels actes qui nous démontrent que des minorités défaitistes existent bel et bien. De telles actions indiquent la voie à l'ensemble de notre classe. Demain, les mutins défaitistes révolutionnaires donneront le saut de qualité que constitue la liaison et l'organisation de la lutte contre la guerre avec leurs frères de classe de l'autre côté des saloperies de frontières que nous impose le Capital.

Mais aujourd'hui déjà, ces quelques actes de résistance nous prouvent que le prolétariat n'est jamais complètement prêt à se faire massacrer sans broncher dans une nouvelle boucherie capitaliste. Ni à accepter les sacrifices, l'austérité, la misère, la mort,...

Nous ne sommes pas impuissants: nous sommes riches de l'expérience historique de notre classe, nous nous réapproprions notre mémoire collective de lutte; cela nous fourni le cadre classiste pour nos activités et nous évite de recommencer à chaque fois les mêmes erreurs. Nous savons aussi que notre combat est porteur de perspectives réelles, de vie, alors qu'en face, ce que nous voulons détruire, c'est la non-vie, notre misère, l'exploitation!

Sans nous faire d'illusions, vu notre dispersion et notre isolement, vu l'ambiance dominante de sectarisme et de méfiance vis-à-vis de toute tentative d'organisation de la militance, vis-à-vis de toute tentative de donner vie à une direction centralisée à l'activité révolutionnaire, nous ne pouvons dans les conditions actuelles que viser à atteindre un niveau minimum de prise en charge des perspectives de lutte (dénonciation des nationalistes, de l'ONU, de l'OTAN et de toutes les puissances impérialistes, diffusion des informations, soutien direct aux camarades internationalistes, clarification et assumation des objectifs et moyens de la lutte communiste,...) en commun avec ceux qui se trouvent sur le terrain de l'action communiste internationaliste contre la guerre et la paix capitalistes.

La rédaction et la diffusion internationale de ce texte nous permet de centraliser nos activités, d'entrer en contact avec d'autres révolutionnaires, de consolider le camp de ceux qui défendent avec nous les mêmes perspectives internationalistes, d'exprimer les besoins des prolétaires qui se révoltent contre la guerre et la misère, pour renforcer ainsi, par la clarté de nos perspectives de lutte et par notre détermination, la portée de notre refus.

Etre patriote, c'est être assassin! A bas tous les Etats!

Solidarité de classe avec les défaitistes révolutionnaires de tous les camps!

Retournons nos armes contre nos généraux, contre notre propre bourgeoisie!

Reprenons le drapeau de la révolution communiste mondiale!

* * *

Groupe Communiste Internationaliste (GCI)

BP 54 - Saint-Gilles (BRU) 3 - 1060 Bruxelles - Belgique

icgcikg@hotmail.com

* * *